Extrait du blog : Je digresse d'Alexandre DELBOS (Actuel secrétaire d'une petite asso écolo étudiante !).

13 septembre 2007 

19h20, parvis devant le Centre de Congrès Pierre Baudis. Morne parvis, pas âme qui vive, ou presque. Je retrouve Christophe qui était arrivé en avance, pensant que ça commencerait à 19h. Moi qui était arrivé en avance pensant que ça serait la grande affluence...
19h35, mon oreille traîne. Le vice président de la chambre de commerce affirme fermement qu'il est le pour le Grand Contournement parce qu'il est pour tout ce qui est bon pour l'économie Toulousaine. Penserait il la même chose s'il avait lu un minimum le dossier du maître d'ouvrage, spécialement la page 31 et son graphe qui montre que Barcelone (à l'économie asthmatique, c'est bien connu), n'a que 35% de ses déplacements faits en voiture contre contre 60% pour Toulouse, tout en sachant que le Grand Contournement n'est qu'un entonnoir à voitures supplémentaire ? Hum...
20h00, la salle de conférence peine à se remplir.
20h15, le président de la commission particulière du débat public sur le Grand Contournement Autoroutier de Toulouse ouvre la séance. Il loue le quart d'heure toulousain, qui a permis de remplir un peu plus la salle. Beaucoup de chaises restent vides néanmoins, à vue de nez, la salle était remplie aux 3/5ièmes.

Après trois bons quarts d'heure de divers speeches,dont la présentation du concept de Débat Public par le président de la CPDP, puis une présentation générale du projet assez laudative par le vise pres' de la DRE, le débat peut commencer.

Départ sur les chapeaux de roues. Pendant près de deux heures, il y a eu 31 interventions, et parmi elles, seulement trois (je crois) étaient en faveur du Grand Contournement. Tout s'est enchaîné très vite. D'abord Florian Jutisz, président de l'asso Vélo (qui a expliqué qu'il n'intervenait pas pour qu'on rajoute une piste cyclable sur le Grand Contournement) a déclaré qu'il préfèrerait voir de l'argent investi dans une politique cyclable d'agglomération plutôt que dans une nouvelle autoroute, qui contrairement à ce qui est prétendu, ne sera pas gratuite.
Puis un riverain de la rocade du quartier Papus qui est en première loge pour bien remarquer que le tout-voiture (ou du moins le beaucoup-de-voiture) ce n'est pas exempt de conséquences sur la santé. Je m'attendais à ce qu'il fasse une intervention pour le Grand Contournement, avec la supposition qu'il pensait que c'est un aménagement permettant de réduire la circulation sur la rocade. Eh bien non, il a expliqué qu'il pensait que ça ne ferait qu'offrir de l'espace supplémentaire à la voiture, et que les chiffres du dossier montrait que le Grand Contournement n'aurait qu'un effet minime sur l'engorgement de la rocade.
Suivit un agriculteur, qui fustigea la société du "tout-tout-de-suite", et sa nécessité de voiture et de rapidité.
L'apothéose fut l'enchainement en une vingtaine de minutes de prises de parole de Stéphane Coppey, de Christophe Lèguevaques, et de José Cambou (à ce sujet son dossier sur le Grand Contournement), qui ont tour à tour dénoncé la manière mensongère avec laquelle la mairie de Toulouse présente le projet de Grand Contournement comme un projet de seconde rocade, l'argument qui consiste à dire que le Grand Contournement aura un impact en détournant le trafic de transit alors que celui ci restera faible, ainsi que la faiblesse du dossier du maître d'ouvrage sur tout ce qui concerne les modes non-routiers...


La chose la plus marquante pendant ce débat était que de la plupart des interventions de ceux qui sont contre le projet ne se résument pas uniquement à l'expression de la contestation. Elles contenaient des propositions, toutes très diverses. Elles allaient de la promotion du vélo à la critique de notre évolution à se déplacer de plus en plus. Et cette tendance est révélatrice de la carence que porte ce débat public en lui même, dont il ne pourra pas se défaire : il faudrait pouvoir traiter des déplacements et de l'urbanisme de la métropole toulousaine dans un grand débat.

Le saucissonnage entre le débat sur la ligne à grande vitesse, celui sur le Grand Contournement, celui sur la jonction Est, ou l'obsurité avec laquelle ont été crées les différents PLUs et SCOTs (pour le citoyen lambda), voire même la brutalité avec laquelle sont imposés certains projets (tels que le prolongement de la ligne B) sans réflexion globale préalable sur l'ensemble du territoire à desservir justifient cette demande. Car le citoyen se trouve frustré devant un débat du genre de celui du Grand Contournement : on lui montre un projet, on lui demande s'il est pour ou contre, mais on ne lui demande pas s'il voudrait autre chose.

Heureusement la commission du débat public a pris conscience de ce manque, et d'ailleurs de larges plages de temps du débat de ce 13 septembre étaient réservées à "l'environnement", ou bien dans le débat du 19, un des axes prévus était "Si on ne réalisait pas le contournement, que faudrait-il faire à la place ?". Néanmoins ça ne remplace pas une grande remise a plat de la problématique des transports dans l'aire métropolitaine toulousaine, pilotée tant par des experts que par des citoyens. A+ :hello:

Et concernant le Grand Contournement, voici un rappel de quelques billets que j'ai écrit à ce sujet :
"Le grand contournement, une grande bêtise" (juin 2006)
"Le Grand Contournement : on sort l'artillerie lourde" (mars 2007)
et une sélection d'articles :
"Le Grand Contournement - Pour un débat public dans la clarté", sur le site du Conseil Général
"